Impôt minimum mondial sur les milliardaires : où en est la piste du G20 ?
Après le rejet français de la taxe Zucman, la proposition d'un impôt minimum mondial de 2 % sur les milliardaires reste sur la table du G20. État des lieux : soutiens, blocages et scénarios.
Le rejet français de l'impôt plancher n'a pas éteint le débat — il l'a déplacé. Depuis 2024, la proposition d'un impôt minimum mondial de 2 % sur le patrimoine des milliardaires chemine dans les enceintes internationales. Où en est cette piste à l'été 2026, et qu'implique-t-elle pour la France ?
La proposition sur la table
En juin 2024, à la demande de la présidence brésilienne du G20, Gabriel Zucman a remis un rapport proposant un standard mondial : tout milliardaire devrait acquitter chaque année, tous prélèvements confondus, au moins 2 % de sa fortune. Appliqué de manière coordonnée aux quelque 3 000 milliardaires de la planète, le dispositif rapporterait 200 à 250 milliards de dollars par an.
La mécanique est celle d'un impôt plancher, pas d'un impôt additionnel : ceux qui atteignent déjà le seuil par l'impôt sur le revenu ou d'autres prélèvements ne paient rien de plus. Zucman a détaillé et actualisé l'argumentaire dans un ouvrage paru au printemps 2026, We Need to Tax Billionaires.
Soutiens et blocages
En juillet 2024, les pays du G20 se sont engagés à une « coopération fiscale internationale » pour mieux imposer les plus fortunés — une formulation prudente, mais une première. Depuis :
- Les soutiens : le Brésil, l'Espagne, l'Afrique du Sud et plusieurs pays du Sud portent activement le dossier ; la France a officiellement soutenu le principe au G20, tout en rejetant sa déclinaison nationale au Parlement.
- Les blocages : les États-Unis et l'Allemagne s'y opposent, position confirmée dès le sommet de novembre 2024. Sans les États-Unis, où réside près d'un tiers des milliardaires mondiaux, un standard vraiment global reste hors de portée à court terme.
Faut-il attendre le monde entier ?
C'est l'objection classique : sans coordination totale, les milliardaires partiront. L'expérience de l'impôt minimum de 15 % sur les multinationales suggère le contraire — le mouvement a commencé par une coalition de pays volontaires, avant de s'étendre. Le rapport remis au G20 prévoit d'ailleurs des mécanismes pour imposer les partants, comme un « impôt de sortie » prolongé fondé sur la résidence passée.
Autrement dit : l'argument de l'exil fiscal, central dans le débat français de l'automne 2025, est précisément ce que la coordination internationale cherche à neutraliser. Plus le club des pays participants s'élargit, plus l'exil coûte cher et rapporte peu.
Ce que cela change pour le débat français
La trajectoire probable n'est ni une adoption mondiale rapide, ni un enterrement : c'est une construction par étapes, comme pour l'impôt minimum sur les sociétés. Chaque avancée internationale renforcera la position de ceux qui, en France, redéposeront la mesure — dès le PLF 2027 pour certains groupes parlementaires.
Pour le point complet sur la situation française, voir notre récapitulatif de l'été 2026. Pour les arguments pour et contre en détail, la page débat les recense.
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