Taxe Zucman : où en est-on à l'été 2026 ?

Rejetée à l'Assemblée puis au Sénat, la taxe Zucman ne figure pas dans la loi de finances 2026 adoptée le 2 février. Récapitulatif complet du parcours et de ce qui reste sur la table.

ActualitéAhmed Abouelleil2 min de lecture

La question revient sans cesse : la taxe Zucman a-t-elle été adoptée ? La réponse, à l'été 2026, est non. L'impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros ne figure pas dans la loi de finances pour 2026, définitivement adoptée le 2 février dernier. Retour sur un parcours parlementaire mouvementé — et sur ce qu'il en reste.

Le rappel des faits

  • 20 février 2025 : l'Assemblée nationale adopte en première lecture la proposition de loi instaurant un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 M€.
  • 12 juin 2025 : le Sénat rejette le texte.
  • 31 octobre 2025 : réintroduite par amendement dans le projet de loi de finances 2026, la taxe est rejetée par les députés, 228 voix contre 172. La version « light » portée par le groupe socialiste — 3 % au-dessus de 10 M€, avec exclusion des entreprises innovantes et familiales — est également repoussée.
  • Fin novembre 2025 : le Sénat rejette à son tour la mesure lors de l'examen du budget.
  • 2 février 2026 : la loi de finances pour 2026 est définitivement adoptée, sans impôt plancher sur la fortune.

Ce qui a été adopté à la place

Le budget 2026 n'est pas totalement muet sur les grands patrimoines : son article 7 crée une taxe de 20 % sur certains actifs non professionnels détenus via des holdings patrimoniales (immobilier de jouissance, yachts, voitures de sport, chevaux). Une mesure au périmètre bien plus étroit que l'impôt plancher — nous y consacrons une analyse détaillée.

Pourquoi le débat n'est pas clos

Trois raisons laissent penser que la taxe Zucman reviendra dans le débat :

  1. Le constat de départ demeure : les foyers aux patrimoines les plus élevés continuent d'acquitter, en proportion, moins d'impôts que la classe moyenne. Aucune mesure adoptée en 2026 ne corrige cet écart.
  2. Le rendez-vous du PLF 2027 : la gauche a déjà annoncé son intention de redéposer la mesure à l'automne, dans un contexte budgétaire toujours aussi tendu.
  3. La dynamique internationale : les travaux engagés au G20 sur un impôt minimum mondial des milliardaires maintiennent la pression — voir notre analyse.

Pour comprendre la mécanique de l'impôt plancher et la comparer à l'ISF ou à l'IFI, voir notre comparatif. Pour estimer le rendement de la mesure selon différents paramètres, le calculateur dynamique est à disposition.